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Des poèmes et des ombres

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12 articles taggés mythologie

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Rock, liberté de pensée et la quête du Graal historique...

---
Ils sont là, fidèles au rendez-vous. Innombrables. Un océan de noirceur.

Ils rôdent dans l'obscurité, les regards sauvages et affamés fixés sur moi, attendant leur heure. Tantôt ils se fondent avec les épaisses ténèbres qui s'étendent autour du cercle de lumière qui me protège, tantôt ils y émergent, ombres animées, êtres de cauchemar aux formes incertaines. Ils éprouvent inlassablement mes défenses, toujours à l'affût de la moindre faille.
 
Je me tiens au centre du cercle, n'osant bouger, prisonnier du bastion assiégé qu'est ma conscience.
 ---
Rock, liberté de pensée et la quête du Graal historique...
 
disponible en version numérique (ebook) : 3,99 euros

et en format papier

 
Rock, liberté de pensée et la quête du Graal historique...Rock, liberté de pensée et la quête du Graal historique...Rock, liberté de pensée et la quête du Graal historique...
 
Un agent du FBI hanté par son passé criminel...
 
une chanteuse de rock passionnée par l'art gothique...
 
un pilote de l'armée britannique blessé en Afghanistan...
 
un médiéviste à la retraite, survivant de l'Holocauste...
 
C'est une équipe bien improbable qui devra percer l'un des plus grands mystères de notre civilisation : le message du Graal historique. Pour y arriver, ils devront affronter des adversaires redoutables et fanatiques, ainsi qu'un manipulateur machiavélique ayant ses entrées dans les plus hautes sphères du pouvoir.
 
Basée sur les découvertes scientifiques récentes et les archives déclassifiées de l'armée américaine, La théorie des ombres ouvre un cycle qui révélera des faits bien dérangeants sur notre histoire et notre société...
 
Rock, liberté de pensée et la quête du Graal historique...Rock, liberté de pensée et la quête du Graal historique...Rock, liberté de pensée et la quête du Graal historique...

(clique sur le portrait d'un personnage - tu seras redirigé vers le site de La théorie des ombres)
 
Rock, liberté de pensée et la quête du Graal historique...
Modèle : Jason Aaron Baca, photo : Portia Shao, arrière-plan : Wikimedia Commons
Tags : rock, métal symphonique, gothique, roman, thriller, liberté, quête du Graal, Moyen Âge, histoire, livre numérique, Livre électronique, ebook, La théorie des ombres, mythologie, FNAC
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#Posté le jeudi 07 février 2013 14:13

Modifié le lundi 25 février 2013 16:56

Vampires : entre mythe et réalité, les scientifiques enquêtent

Les vampires... Ces créatures terrifiantes qui hantent l'imaginaire populaire depuis des siècles ! Ce sont les écrivains du début du XIXe siècle, comme John Polidori, qui ont été les premiers à mettre en scène ces créatures de cauchemar dans leurs romans (par exemple, Le Vampyre, 1819), contribuant ainsi à créer l'archétype que nous connaissons aujourd'hui. Le roman de vampires le plus célèbre est sans doute Dracula de Bram Stoker (1897). Mais alors, les vampires sont-ils issus de l'imagination fertile des écrivains du XIXe siècle ? Ou bien, existe-t-il des preuves de leur existence réelle ?

 
Vampires : entre mythe et réalité, les scientifiques enquêtent
À Venise, dans une tombe datant du XVIe siècle, les chercheurs ont récemment découvert un crâne présentant une caractéristique des plus inhabituelles : une pierre rectangulaire a été enfoncée dans la bouche du mort !

Vampires : entre mythe et réalité, les scientifiques enquêtent

Pour un historien, ce détail est très significatif, car il indique que le corps auquel ce crâne appartenait a été soumis à un rituel destiné à détruire un vampire ! Même si le mot « vampire » n'est apparu qu'au XVIIIe siècle, les sources historiques indiquent que les gens croyaient en l'existence de créatures mort-vivantes qui se nourrissaient de la chair des vivants depuis le Moyen-âge.

À qui appartenait donc le crâne retrouvé dans la tombe vénitienne ? Une étude scientifique a été menée et, ô surprise ! Le crâne appartenait à une femme ! De plus, ce n'était pas une noble, mais plutôt une femme issue des couches sociales inférieures. Nous sommes loin du cliché de vampire établi par les auteurs de romans gothiques du XIXe siècle !

Tout s'explique lorsqu'on comprend que, au XVIe siècle, les gens associaient le vampirisme avec la sorcellerie. Pour quelle raison brulait-on les sorcières ? Pour les empêcher de se transformer en créatures mort-vivantes après leur trépas, justement. La croyance populaire était que les sorcières étaient capables de tricher avec la mort elle-même et revenir de l'au-delà sous forme de mort-vivants.

D'où venait donc cette croyance ? D'une méconnaissance du processus de décomposition naturelle des corps, principalement. Les gens prenaient certains signes de décomposition pour ce qu'ils n'étaient pas, à savoir, des évidences que le corps était encore animé d'une sorte d'énergie vitale, qu'il vivait encore, d'une certaine façon. Cependant, la science moderne peut aisément expliquer tous ces phénomènes.

La croyance en vampires et morts-vivants en général n'était donc que pure superstition ? Comment pouvons-nous en être certains ? Cette légende n'a pas été inventée par les écrivains du XIXe siècle, puisqu'elle existait des siècles avant eux. Ils n'ont fait que la transformer en lui donnant un caractère plus romantique et romanesque. D'ailleurs, certains personnages ayant inspiré les romans de vampires ont réellement existé. Il faudrait que je vous raconte ça dans un article séparé, mais Dracula était un personnage historique tout à fait réel.

En fait, c'est la terreur devant la mort qui a engendré la légende des vampires. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a quelque chose derrière cette légende. Non pas une vérité littérale, bien sûr, mais une réflexion sur la condition humaine. Une réflexion sur ce que nous sommes, sur ce que nous souhaitons devenir, et ce que nous pouvons devenir, sans, parfois, le vouloir. Toute légende contient une graine de vérité.

Pour moi, le vampire reste une créature qui appartient au royaume du romantisme sombre. C'est une figure profondément tragique, et elle continuera à inspirer nombre d'½uvres littéraires, musicales et cinématographiques, poursuivant, ainsi, son existence immortelle à travers les siècles.
Episode suivant : Le Dracula historique et le pacte avec le Diable...
Tags : histoire, Moyen Âge, Renaissance, XIXe siècle, magie, littérature, fantastique, vampires, Bram Stoker, romantisme noir, société, mythologie
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#Posté le dimanche 31 octobre 2010 20:16

Modifié le lundi 25 février 2013 16:35

Amour romantique

À l'occasion de la fête de Saint Valentin, parlons de la forme d'amour la plus profonde, la plus envoûtante, la plus mystérieuse, la plus irrésistible : l'amour romantique.

 


Amour romantique


L'amour romantique est bien différent du simple désir physique, et il est également à l'opposé de ce qu'on appelle "l'amour intéressé". Dans le théâtre et la littérature, il est souvent associé avec le thème de l'amour impossible. Nous voilà face à un paradoxe : comment un sentiment aussi naturel que l'amour puisse-t-il être "impossible" ? Il n'est rendu impossible que par le carcan de certaines règles sociales, parfois totalement arbitraires et absurdes, qui sont autant d'obstacles sur le chemin du bonheur. Le thème de l'amour romantique est donc étroitement lié à celui de la liberté.
 
L'histoire de l'amour romantique
 
Bien souvent, nos ancêtres n'étaient pas libres de choisir l'amour de leur vie, car, dans la plupart des cas, les mariages étaient arrangés. Mais alors, y avait-il une place pour l'amour romantique dans les sociétés des siècles passés ? Heureusement, la réponse est oui, et l'évidence nous provient de sources très diverses, comme les mythes, les pièces de théâtre, la musique, la poésie et la littérature.
 
Les premiers exemples de l'amour romantique (dans le sens amour spirituel, car le terme "romantique" n'est utilisé que depuis le XIXe siècle) apparaissent dans la mythologie grecque, puis dans les tragédies grecques. Souvenons-nous de la légende, aussi belle que tragique, où Orphée se rend aux Enfers pour essayer de ramener à la vie sa bienaimée, Eurydice. Dans ce mythe, nous retrouvons déjà les thèmes qui seront abordés deux millénaires plus tard par les écrivains et poètes du mouvement romantique : la perte d'un être cher, un amour qui, de par son intensité et profondeur, transcende même la mort, la révolte contre un destin implacable, mais, également, l'impossibilité de vaincre ce destin.
 
À l'époque de l'Empire romain et durant les Siècles Obscurs, l'amour romantique prend plus de mille ans de congé. L'amour n'était pas mort, bien sûr, mais il n'était plus célébré de la même manière que dans la Grèce antique. Que ce soit dans l'Empire romain ou dans la société féodale, la place de la femme n'était guère enviable. Cependant, les choses commencent à changer peu à peu à partir du XIIe siècle, notamment avec les troubadours, les bardes de la fin'amor, l'amour courtois. La femme devient alors bien plus qu'un objet de désir ; elle est idéalisée, érigée sur un piédestal. Le preux chevalier doit maintenant mériter les faveurs de la dame, accomplir des exploits en son nom.
 
L'époque des troubadours s'achève au XIVe siècle, mais, par la suite, la Renaissance prend la relève avec, notamment, la (re)apparition du théâtre. Citons les dramaturges comme Corneille, Racine et, bien sûr, Shakespeare ! Dans l'une de ses pièces les plus célèbres, Roméo et Juliette, ce dernier conte un drame qui deviendra l'archétype de l'histoire d'amour impossible. Mais qu'est-ce qui rendait cet amour impossible, sinon la haine entre deux clans rivaux ? Voilà un excellent exemple où l'amour entre en conflit avec les réalités de la société.
 
Les écrivains des siècles suivants, en particulier ceux du XIXe siècle, continueront à développer ce thème. L'amour, même lorsqu'il va à l'encontre des conventions sociales, pourra-t-il enfin s'épanouir sous la plume des auteurs romantiques ? Rien n'est moins sûr. Souvenons-nous, par exemple, de Notre Dame de Paris (1831) de Victor Hugo, où l'amour conduit, de nouveau, à la tragédie. Pour Dostoïevski, en revanche, l'amour apparaît comme une force éminemment positive, et cette force, d'après lui, pourrait même sauver l'humanité ! Pour d'autres écrivains, comme George Sand, l'amour devient libératrice, rebelle, parfois jusqu'au scandale.
 
L'autre domaine artistique très propice à la célébration de l'amour est, bien évidemment, la poésie. Là encore, Victor Hugo est l'une des références majeures, mais il y en a beaucoup d'autres, bien sûr : Musset, de Lamartine, et même Baudelaire. Ce dernier n'est pas spécialement connu pour avoir écrit sur l'amour, mais il a quand même consacré quelques très beaux poèmes à ce noble sentiment (en voici un exemple).
 
L'amour romantique peut-il survivre dans la société de consommation ?
 
Disons-le franchement, la société de consommation n'est pas un terreau très fertile pour l'épanouissement de l'amour romantique. Dans le monde du XXIe siècle, même l'amour est devenu une marchandise. La Saint Valentin s'est transformée en une fête commerciale, et, partout, on est submergé par la pub vantant toute sorte de produits et services sans lesquels, bien évidemment, l'amour heureux ne pourrait exister. Mais oui, bien sûr.
 
Autant le dire tout de suite, le romantisme ne se réduit pas à un dîner aux chandelles. Non. Le romantisme est avant tout dans la profondeur et l'authenticité des sentiments, pas dans le décor. Le véritable amour n'a pas besoin de preuves, et encore moins de cadeaux. L'amour est, en soi, le plus beau cadeau qui puisse être offert.
 
Alors, chers amis, arrêtons d'aimer avec notre porte-monnaie ! Nous avons un c½ur et un esprit pour ça. Personnellement, je trouve qu'un poème est le meilleur cadeau qu'on puisse offrir à quelqu'un qu'on aime. Si cette personne a besoin de cadeaux plus "matériels" en tant que preuve d'amour, c'est que vos relations sont bâties sur du sable. Autant le savoir de suite avant de s'engager dans une relation durable. Sinon, la désillusion viendra un jour ou l'autre, inévitablement.
 
Littérature contemporaine
 
Ne nous attardons pas sur la continuelle avalanche de bouquins d'une médiocrité criante qui nous vendent des histoires d'amour insipides, et sous laquelle la société de consommation moderne nous noie. Bref. C'est pas ce qui nous intéresse ici. Nous, on aime la "mauvaise" littérature. Genre, celle qui parle de vampires, elfes et autres sorciers !
 
En parlant d'amour romantique, l'histoire qui me vient immédiatement à l'esprit est celle d'Arwen et Aragorn dans le Seigneur des Anneaux de Tolkien. Arwen est une elfe, alors qu'Aragorn est humain. Les elfes s'apprêtent à quitter les Terres du Milieu et partir pour des terres lointaines. Alors, Arwen fait face à un terrible conflit intérieur : doit-elle partir avec les siens, ce qui signifie quitter pour toujours son bienaimé, ou bien rester avec lui, et se séparer à tout jamais de son peuple ? Voilà un autre exemple où les sentiments entrent en conflit avec les réalités sociales.
 
Musique contemporaine
 
L'amour romantique a beaucoup influencé de nombreux groupes de musique contemporaine. La liste serait trop longue à dresser ! Dans le domaine du rock, on pourrait citer Évanescence, Muse, U2, R.E.M, The Cure, Pearl Jam, Nickelback, Lifehouse, Dashboard Confessional, Oasis et beaucoup d'autres. Pour le métal, ce sont surtout les groupes de métal alternatif. Le "love metal" est même devenue la spécialité du groupe H.I.M. Le métal symphonique n'est pas en reste, avec, entre autres, Within Temptation ou Tarja.
 
Conclusion
 
Des légendes grecques jusqu'aux chansons des groupes de rock modernes, en passant par les pièces de Shakespeare et les ½uvres des écrivains et poètes du XIXe siècle, l'amour romantique nous a toujours inspiré, fasciné, nous a fait pleurer, parfois de joie, parfois de tristesse. Mais une chose est certaine : la thématique de l'amour fatal ne peut nous laisser indifférents. Roméo et Juliette meurent avec chaque nouvelle génération pour renaître avec la suivante et, tant que l'humanité existera, l'amour triomphera toujours de la mort.
 
 
-- Poèmes -------------------------------- Chansons

Théophile Gautier – À deux beaux yeux ------------------------- H.I.M – Join Me In Death
-- Victor Hugo – Apparition -------------------- Within Temptation – Somewhere
Charles Baudelaire – Hymne ------------------------------- Evanescence – Anywhere --------
Victor Hugo – À celle qui est voilée ----------------- Nickelback – Far Away

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
Image : www.theonering.com
Tags : amour romantique, histoire, Antiquité, Moyen Âge, Renaissance, XIXe siècle, mythologie, poésie, Victor Hugo, Charles Baudelaire, littérature, Dostoïevski, George Sand, musique, Evanescence, Within Temptation, Tarja, théâtre, liberté, société
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#Posté le samedi 12 février 2011 12:40

Modifié le vendredi 08 février 2013 19:28

Les origines du Mal

Très tôt dans l'histoire de l'humanité, nos ancêtres avaient réalisé qu'aucune société ne pouvait se passer d'un certain nombre de règles. Toute organisation sociale demandait non seulement une structure, mais aussi un ensemble de lois morales. Dès lors, la distinction entre le Bien (comportement conforme à l'éthique) et le Mal (comportement néfaste pour la société) a été établie. Tout au long de l'histoire, une question fondamentale s'est posée : le Bien et le Mal sont-ils universels, ou bien ne sont-ils que l'invention de l'esprit humain ? Une question sociale s'est donc vue transformée en l'un des problèmes métaphysiques majeurs, celui de l'existence d'un Mal cosmique. Comme nous le verrons, à travers les religions, les mythologies et la philosophie nos ancêtres ont donné des réponses très différentes à cette question, et certaines de ces réponses sont surprenantes. Et si le monde n'avait été créé par Dieu, mais par Satan ?
 
Les origines du Mal


Au XXIe siècle, le Mal nous fascine toujours autant, non sans raison, puisque nous le voyons émerger de l'obscurité dans laquelle la civilisation moderne a essayé de le reléguer. Multiforme, il nous guette, toujours tapi dans l'ombre, tel un prédateur affamé attendant que sa victime relâche sa vigilance pour fondre sur elle et lui planter ses crocs dans la gorge. Criminalité, tensions ethniques, racisme, terrorisme, atteinte aux droits de l'homme, destruction du tissu même de notre société par la machine implacable qu'est l'économie mondiale, crise écologique, guerres... C'est l'ensemble de notre civilisation qui tremble sur ses bases. Des bases qui, finalement, semblent bien moins solides que les générations précédentes l'avaient pensé. Dans ce climat d'incertitude et de paranoïa, où les termites de la cupidité et de l'égocentrisme continuent à saper insidieusement les fondations d'une construction déjà durement éprouvée par les crises financières, économiques et politiques, notre société présente une cible de plus en plus facile pour cet inlassable carnassier qu'est le Mal.
 
Qu'est-ce que le Mal ?
 
Au XXIe siècle, notre vision du Mal est encore largement influencée par les religions. Même si la notion des Péchés capitaux n'est pas explicitement exprimée dans la Bible, elle fait néanmoins partie de la tradition religieuse occidentale. Ces péchés sont au nombre de sept : l'avarice, la colère, l'envie, la gloutonnerie, la luxure, l'orgueil et la paresse. Nous constatons que ces vices sont loin d'avoir été éradiqués, puisqu'ils continuent à sévir dans toutes les sociétés du monde, quel que soit le degré de « religiosité » de ces sociétés.
 
L'avarice est responsable de la crise financière et économique que nous traversons. La colère cause les guerres, toujours aussi nombreuses de nos jours que dans l'Antiquité, ainsi que l'instabilité sociale. L'envie pousse les individus à gravir l'échelle sociale, faisant parfois des compromis douteux avec leur conscience, et favorise également la criminalité, la plaie qui gangrène toutes les grandes villes du monde. La gloutonnerie est responsable de maladies telles que l'obésité et le diabète qui constituent de graves problèmes de santé. La luxure a envahi Internet, où deux tiers des sites sont consacrés à la pornographie. L'orgueil, quant à lui, est l'ennemi de la lucidité et nous pousse à surexploiter les ressources de notre planète, causant ainsi la crise écologique. Enfin, la paresse nous conduit à mener des vies ternes dominées par le culte du futile.
 
L'enfer n'est plus un territoire appartenant à un autre monde, comme les anciens Grecs l'avaient imaginé. L'enfer, nous le voyons tous les jours, à travers les médias ou même de nos propres yeux. Les médias nous abreuvent quotidiennement de récits de crimes les uns plus atroces que les autres, souvent commis par des gens qui semblaient tout à fait ordinaires avant leur passage à l'acte. Le suicide et l'overdose sont parmi les premières causes de mortalité chez les jeunes dans les sociétés dites développées. Et que dire alors des pays du Tiers-monde, des guerres, des conflits ethniques, de la famine, des dictatures sanguinaires, de l'exploitation des enfants, du tourisme sexuel, des catastrophes écologiques ?
 
Les origines du Mal
 
Que nous soyons croyants ou non, nous ne pouvons nier l'existence du mal. Il s'agit certainement d'un phénomène à multiples visages, mais ses conséquences sont toujours très concrètes. Ce sont à chaque fois des vies brisées, des familles détruites, un immense gâchis au niveau des individus, des communautés et même des nations entières. Les exemples de la Yougoslavie, du Rwanda ou de l'Irak sont suffisamment éloquents. Nous devons nous rendre à l'évidence : aucun pays, aucun État n'est à l'abri des griffes du Mal.
 
Le Mal vu par les mythologies et les religions préchrétiennes


Difficile de déterminer exactement la période historique et l'endroit où naquit la notion du Mal. Au moins trois cultures peuvent revendiquer la paternité de ce concept. L'hindouisme, religion développée par la civilisation de l'Indus, parle des sept régions infernales (patala) situées dans la partie inférieure de « l'½uf cosmique » et habitées par des démons. C'est là que finissent les âmes dont le karma est tellement alourdi par les mauvaises actions qu'ils ne sont plus capables de continuer leur cycle de réincarnations.
 
Par la suite, le zoroastrisme issu du Moyen-Orient ira plus loin puisqu'il proclamera l'existence d'un dieu unique, Ahura Mazdâ, représentant la Lumière, et une force qui lui est opposée, Angra Mainyu, représentant, ô surprise ! les Ténèbres (résumé très simpliste dont nous allons nous contenter pour le moment). Ainsi, le Diable est né !
 
Dans la religion juive, nous trouvons un autre personnage intéressant : Satan. Il ne s'agit pas encore du Prince des ténèbres, de l'incarnation du Mal. C'est plutôt l'adversaire, l'accusateur. Il n'est pas opposé à Dieu, c'est un fonctionnaire tout ce qu'il y a de plus fidèle ayant un rôle spécifique dans la machine judiciaire de l'Au-delà, un exécuteur du plan divin.
 
Ce sont les esséniens, auteurs des manuscrits de Qumran, qui vont établir le parallèle entre les deux personnages. À partir de ce moment, le décor est planté : la Terre devient un vaste champ de bataille entre les Fils de la Lumière et les Fils des Ténèbres. Le christianisme primitif, fortement influencé par le mouvement essénien, va hériter de cette vision du monde. Les courants du christianisme originel appelés gnostiques cultiveront par la suite le dualisme et, s'appuyant sur la philosophie platonicienne, aboutiront à une bien étrange question : et si le monde avait été créé par le Diable ?! Nous y reviendrons.
 
Le Paradis perdu


Le Paradis perdu (1667) de John Milton est un poème épique qui conte l'histoire de l'apparition du Mal tel qu'elle était vue traditionnellement par le christianisme romain (la version « officielle » donc) : Satan, qui était à l'origine l'un des anges les plus proches de Dieu, se rebelle contre son créateur. Il rassemble une armée qui finira par regrouper un tiers de tous les anges, alors que les deux autres tiers resteront fidèles à Dieu. Cependant, la révolte est écrasée, le pouvoir divin se révélant infiniment supérieur à celui de Satan, et l'ange rebelle ainsi que tous ses complices sont précipités dans les abîmes infernaux. Dorénavant, ce cloaque de la création qu'est l'enfer deviendra une sorte de réserve pour les déchus (un peu comme les réserves indiennes dans la plus grande démocratie du monde moderne – comme quoi, on reste dans la tradition).
 
Les origines du Mal
Satan décide alors de se venger de Dieu, mais comment faire ? Il réussit à s'échapper des enfers grâce à la complicité de la Mort, gardien des portes de l'Au-delà, et se rend dans un monde parallèle que Dieu vient juste de créer. Il s'agit d'une sorte de jardin paradisiaque où tous les animaux sont gentils et passent leur temps à faire des numéros de cirque pour divertir les nouveaux chouchous du Seigneur : Adam et Ève. Vous l'avez compris, on parle bien du fameux Jardin d'Éden.
 
La suite, on la connaît. Satan se transforme en serpent et convainc la bonne poire qu'est la compagne du premier être humain de manger la pomme de l'arbre défendu, celui de la connaissance du Bien et du Mal. Le premier couple se laisse donc tenter et transgresse ainsi le commandement de Dieu. Ce dernier se met en une colère effroyable (comme quoi même le Seigneur ne serait pas immunisé contre le péché !) et condamne non seulement Adam et Ève, mais l'ensemble de la création, à la déchéance. Dorénavant, les êtres humains seront mortels, devront se reproduire, naîtront tous pêcheurs et ne pourront connaître la volonté de Dieu (très pratique pour les ecclésiastiques, qui auront tout le loisir de nous expliquer ce que le Maître des cieux veut de nous...) De plus, toutes les espèces animales et végétales connaîtront le même sort, et c'est ainsi qu'apparaitra la prédation.
 
Et voici la conclusion : le Mal a été introduit dans le monde à cause de la désobéissance d'Ève et d'Adam à la volonté divine. « Une pomme, deux poires et tous les pépins pour nous ! » Que ce soit dans le cas de Satan ou celui du premier couple humain, la vision chrétienne officielle est claire : à l'origine du Mal était la révolte. Souvenons-nous-en lorsque nous fêterons le 14 Juillet ou irons à une manif'.
 
Bienvenue en enfer !


Voici maintenant la vision de la genèse des gnostiques, radicalement différente, comme nous allons le constater. Poursuivant la pensée des esséniens et puisant également dans les travaux des philosophes grecs comme Pythagore, Platon et Aristote, ils ont fait remarquer qu'il est illogique de penser qu'un Dieu infiniment bon ait pu créer le principe du Mal. Ce principe devait donc exister indépendamment de celui du Bien. Puisque notre monde est imparfait, corrompu par le Mal, ils en ont donc déduit qu'il n'avait pu être créé que par un « artisan » imparfait, le démiurge.
 
Qui est ce démiurge ? Il apparait dans les ½uvres de Platon en tant que créateur du monde « sensible », le monde matériel. Ne rentrons pas dans les détails philosophiques, disons simplement que, chez les gnostiques, ce démiurge devient le « dieu aveugle », un ange qui a voulu imiter son créateur et générer un monde à l'image de l'univers divin (supposition qui découle de la théorie des Idées de Platon). Seulement, pour créer ce monde, il a puisé non dans la Lumière, comme l'a fait le Dieu bon, mais dans les Ténèbres.
 
Les origines du Mal
Chez Platon, le Mal n'est que la résistance passive de l'informe, alors que chez les chrétiens il devient un principe actif. Certains mouvements chrétiens dits hérétiques du Moyen-Âge, en particulier celui des cathares, iront jusqu'à supposer que le démiurge n'était autre que Satan ! La rébellion de cet ange turbulent ne se serait donc pas exprimée par une révolte armée, mais par la création d'un monde calqué sur l'univers immatériel divin. Cependant, le Mal est entré dans le monde matériel dès l'instant de sa création, puisque ce monde est né d'une substance impure.
 
Suivant cette vision, l'enfer n'existe pas. L'enfer, nous y sommes, il est sur Terre ! « Je me crois en enfer, donc j'y suis, » écrivait Arthur Rimbaud dans Une Saison en enfer.
 
L'hérésie gnostique a été impitoyablement combattue par le christianisme romain depuis l'Antiquité, mais il a fallu l'invention de la plus redoutable machine d'investigation et de répression de l'histoire pour en finir une fois pour toutes avec l'hérésie. Il s'agit, bien sûr, de l'Inquisition ! On peut se demander si, parfois, le remède ne serait pas pire que le mal.
 
Bibliographie
 
Littérature et poésie :
Dante Alighieri – Divine Comédie (en particulier Inferno)
John Milton – Le Paradis perdu
Arthur Rimbaud – Une Saison en enfer
Charles Baudelaire – Les Fleurs du mal
 
Essais :
N. Benazzi et M. d'Amico, Le Livre Noir de l'Inquisition, Bayard Éditions, 2000.
J. Daniélou, Les manuscrits de la mer Morte et les origines du christianisme, Éditions de l'Orante, 1957.
G. Minois, Les Origines du Mal, une histoire du péché originel, Librairie Arthème Fayard, 2002.
M. Roquebert, L'Épopée cathare, Éditions Perrin, 1998.
 
Articles associés

Société :
---> Mort d'Oussama Ben Laden : la fin du "grand Satan" ?
 
Poème :
---> Charles Baudelaire - Les Litanies de Satan

Musique :
---> Evanescence, les chroniques de la chute
----> Dead Can Dance
-----> Inkubus Sukkubus
------> Paradise Lost
 
Tags : histoire, Antiquité, Moyen Âge, Renaissance, mythologie, Inquisition, gnosticisme, hérésie, cathares, poésie, Charles Baudelaire, John Milton, Dante, Arthur Rimbaud, littérature, enfer, paradis perdu, révolte
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Modifié le lundi 25 février 2013 16:48

Inkubus Sukkubus - Heart of Lilith

Inkubus Sukkubus est un groupe britannique fondé en 1988 par Tony Mac Cormack et Candia Ridley. Le style de leur musique est appelé pagan goth car, musicalement, c'est du rock gothique avec des influences néoclassiques, et les thèmes qu'ils abordent concernent en général la magie et le surnaturel.

Heart of Lilith est l'une de leurs chansons les plus connues. Elle est dédiée, comme son nom l'indique, à Lilith, qui, d'après une tradition chrétienne apocryphe, serait la première femme d'Adam. Lorsqu'elle a refusé de se soumettre à la volonté de son mari, elle a été chassée du paradis et transformée en démon.

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Tags : musique, chanson, groupe de rock, Inkubus Sukkubus, mythologie, gothique, romantisme noir
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#Posté le vendredi 14 janvier 2011 15:52

Modifié le vendredi 14 janvier 2011 16:04

Poème de Théophile Gautier – À travers les soupirs, les plaintes et le râle

Découvrons maintenant le côté sombre du romantisme avec ce magnifique poème noir de Théophile Gautier, À travers les soupirs, les plaintes et le râle.

Poème de Théophile Gautier – À travers les soupirs, les plaintes et le râle
A travers les soupirs, les plaintes et le râle
Poursuivons jusqu'au bout la funèbre spirale
De ses détours maudits.
Notre guide n'est pas Virgile le poète,
La Béatrix vers nous ne penche pas la tête
Du fond du paradis.

Pour guide nous avons une vierge au teint pâle
Qui jamais ne reçut le baiser d'or du hâle
Des lèvres du soleil.
Sa joue est sans couleur et sa bouche bleuâtre,
Le bouton de sa gorge est blanc comme l'albâtre,
Au lieu d'être vermeil.

Un souffle fait plier sa taille délicate ;
Ses bras, plus transparents que le jaspe ou l'agate,
Pendent languissamment ;
Sa main laisse échapper une fleur qui se fane,
Et, ployée à son dos, son aile diaphane
Reste sans mouvement.

Plus sombres que la nuit, plus fixes que la pierre,
Sous leur sourcil d'ébène et leur longue paupière
Luisent ses deux grands yeux,
Comme l'eau du Léthé qui va muette et noire,
Ses cheveux débordés baignent sa chair d'ivoire
A flots silencieux.

Théophile Gautier,
À travers les soupirs, les plaintes et le râle

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Image : Suivez le guide, ©Aden A. Tu peux l'utiliser pour tes besoins personnels (blogs et autres) à deux conditions : 1 - ne pas la modifier ; 2 - créer un lien vers mon blog. Modèle : liam-stock.deviantart.com, ailes : della-stock.deviantart.com, arrière-plan : Roman Klementschitz

Tags : poésie, poème romantique, poème noir, Théophile Gautier, mythologie, enfer, romantisme noir
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#Posté le dimanche 19 septembre 2010 10:18

Modifié le vendredi 04 mars 2011 20:20

Les univers du métal symphonique : visite guidée

« Métal symphonique... T'as bien dit métal symphonique ? » Tes amis t'en ont parlé, ou bien es-tu tombé sur ce terme en surfant sur le web, ou bien encore as-tu entendu une chanson de Nightwish ou de Within Temptation que t'as aimé et tu voudrais en savoir plus sur ce style musical ?

« Le métal sympho ? Avec quoi ça se mange ? » Ça se mange pas, ça s'écoute, ça se découvre, ça se savoure. En tout cas, t'es à la bonne adresse, on est là pour ça ! Alors, installe-toi bien confortablement, monte le volume du son de ton ordi et prépare-toi pour un voyage à la découverte de ce style musical unique !

Voilà, t'as fait le premier pas, ton pied s'est posé sur le sol d'un nouveau continent. Un continent qui a été découvert il y a moins de 20 ans, et dont l'exploration n'a fait que commencer.

Les univers du métal symphonique : visite guidée

Le sable, mouillé par les vagues qui viennent s'échouer sur cette côte, est agréablement tiède sous tes pieds nus. La brise fraiche venant du large fait voler tes cheveux. À travers la brume, dont le voile recouvre cette terre énigmatique, tu aperçois une forêt qui s'étend à perte de vue, et, au loin, se profilent les contours des montagnes drapées dans un manteau de nuages sombres.

Tu inspires une grande bouffée d'air frais, et, aventureux, tu te lances dans l'exploration de cette nouvelle terre. N'aie crainte, dans cette exploration, tu ne seras pas seul. Des amis t'accueilleront et te guideront, te donneront des conseils, partageront leur avis et leur expérience. Car, comme tu le découvriras bien vite, les habitants de cette terre sont accueillants, chaleureux et enthousiastes !

Les univers du métal symphonique : visite guidée

« Quelle est cette mystérieuse forêt ? » me demanderas-tu. Nous progressons maintenant entre des arbres millénaires, dont les cimes se perdent dans les hauteurs vertigineuses. Tout autour de nous, nous devinons la présence d'animaux fantastiques, nous entendons leurs appels, parfois mélodieux et envoûtants, parfois inquiétants, voire menaçants.

Alors, je te réponds que cette forêt est celle qui abrite tous les mythes et légendes des peuples de la Terre. C'est un réservoir infini de l'imaginaire. Ici, tout est possible. Tu y trouveras aussi bien des châteaux enchantés que des manoirs hantés, aussi bien des villages d'elfes des bois qui vivent en harmonie avec la forêt que de sombres cavernes habitées par des créatures de la nuit. Tu y trouveras Camelot, le château des légendes arthuriennes, ainsi que la grotte de l'enchanteur Merlin. La forêt qui s'étend autour de nous est celle des contes celtiques, et, au-delà, tu vois les montagnes dont les cimes enneigées sont habitées par les créatures de la mythologie nordique.

À notre droite se situe le Mont Olympe, la demeure des dieux et, à ses pieds, prends garde, ô malheureux, à ne pas t'engager dans la caverne qui mène tout droit vers le sombre royaume de Hadès. Au-delà de ces monts s'étend un désert sans fin, où les pyramides se dressent au-dessus des sables arides, et où les temples des dieux égyptiens côtoient les palais des pharaons, entourés de jardins luxuriants abreuvés par les eaux du Nil.

Mais si tu prends le chemin de gauche, sache, ô imprudent, que tu entreras dans la forêt maudite, et, si tu continues sur cette voie, au-delà des marais habités par des créatures de cauchemar, au-delà des contrées brûlées par la fureur des créatures fantastiques venues d'autres mondes, tu trouveras le sombre et lugubre Mordor, le territoire où règne la nuit éternelle, et d'où personne n'est jamais revenu (indemne).

Les univers du métal symphonique : visite guidée

Et maintenant, viens, je me ferai un plaisir d'accompagner tes premiers pas dans ce pays mystérieux, et te montrer quelques repères. Ensuite, il te sera plus facile de voler de tes propres ailes et te lancer dans l'exploration !

Que le voyage commence ! Pour débuter, tu trouveras ici la liste des chansons que je te recommande d'écouter pour te familiariser un peu avec le métal symphonique.

Ensuite, jette un ½il sur les articles suivants :
---> définition du métal symphonique et
----> genèse et évolution du métal symphonique
pour un rapide tour d'horizon de ce style musical.

Les groupes les plus connus sont Nightwish, Tarja, Within Temptation, Epica, Therion, After Forever, ReVamp, Apocalyptica, Delain, Haggard, Kamelot, Leaves' Eyes, et Rhapsody of Fire.

Vidéos à regarder :
---> Ghost Love Score - Nightwish dans l'univers du Seigneur des Anneaux !
----> Midgard (Therion), la Terre du Milieu où s'affrontent dieux, hommes et démons
-----> The Siren of the Woods (Therion), entre dans un monde d'une beauté légendaire...

Bon voyage dans les univers fascinants du métal sympho !
Aden A.

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(Images téléchargées depuis wallpaper-s.org, walls gratuits, sauf la première, qui est ma création)
Tags : musique, histoire, Moyen Âge, littérature, fantasy, mythologie, Within Temptation, Nightwish, Tarja, Therion, Seigneur des Anneaux, Tolkien
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#Posté le mercredi 27 octobre 2010 13:18

Modifié le mercredi 01 décembre 2010 17:44

Définition du métal symphonique

...ou, du moins, une tentative de définition. Définir un style musical est un exercice périlleux, et toute tentative de classification se confronte toujours à nombre d'écueils. Chercher à classifier, c'est chercher à établir des limites, des frontières, au risque d'enfermer les différents styles ainsi définis dans des territoires qui peuvent vite s'avérer trop étroits. En musique, comme dans toute autre forme d'art, les artistes franchissent allègrement les frontières entre les genres, emportés par leur élan de créativité. Et tant mieux ! Alors, pourquoi chercher à tout prix à classifier et définir ?

De plus, en cherchant à donner une définition du métal symphonique, nous nous retrouvons face à un paradoxe, puisque nous tentons d'imposer des limites à un style né, justement, d'une rencontre entre plusieurs genres que, à priori, rien ne destinait à se rencontrer. En effet, quel rapport entre la musique dite "classique", la musique folklorique scandinave, la musique celtique et le métal ? Aucun, à première vue, sauf que, justement, certains groupes de métal ont établi de solides passerelles entre ces styles musicaux, en créant ainsi quelque chose de totalement nouveau.

Définition du métal symphonique

Le métal, c'est la force, l'énergie, le rythme. Le métal est porteur d'une sorte de dramatisme sauvage, déchaîné, indompté. La musique traditionnelle et classique, au contraire, peut apporter la légèreté, la douceur, la nostalgie, la mélancolie, ou, au contraire, un caractère épique, un dramatisme fluide, contrôlé. L'association des deux permet de créer des effets tout à fait uniques, et la musique qui en résulte hérite à la fois de la puissance du métal et de la subtilité de la musique traditionnelle ou classique.

Cependant, contrairement à ce que l'on pourrait penser au premier abord, réduire le métal symphonique à un mélange entre le métal et la musique classique serait une erreur. Ce style musical a une identité propre, semblable à nul autre. Il a un visage bien à lui, distinct aussi bien par rapport aux autres styles de métal que par rapport à la musique classique.

Le mot-clé ici est harmonie. Je crois que l'appellation "symphonique" peut être comprise comme l'intégration harmonieuse de différents éléments, parfois opposés, dans un ensemble musical cohérent. Peu importe que ces éléments viennent du métal, du rock, du classique ou du folk. L'idée, c'est que l'ensemble doit être bien plus que la somme de ses composants.

Nous définirons donc le métal symphonique non pas en essayant de lui imposer des limites artificielles, mais, au contraire, en prenant en compte sa diversité, sa richesse. Osons donc proposer une définition "ouverte". Ainsi, nous dirons que le métal symphonique est une musique qui comporte au moins un élément propre au métal et au moins un élément issu de la musique traditionnelle, folk ou classique, et qui associe ces éléments de manière à créer une ambiance épique, dramatique ou lyrique. Ajoutons aussi qu'il doit s'agir d'une création originale, et non d'une adaptation d'une ouvre classique déjà existante.

Une puissance maîtrisée

Ainsi, le métal symphonique évoque souvent une charge de cavalerie. C'est rapide, puissant, épique, mais, en même temps, la puissance est parfaitement maîtrisée (Nightwish, Rhapsody, pour ne citer que les plus connus). Le rythme peut également être plus lent, plus pesant, mais il conserve toujours une tension dramatique presque palpable (Draconian trilogy de Therion, par exemple).

Définition du métal symphonique

Musicalement parlant, le métal symphonique se trouve à l'interface entre les styles aussi différents que le métal mélodique, gothique, death, doom, black, folk, ou encore le rock alternatif. Contrairement aux formes plus "extrêmes" de métal, le sympho fait souvent appel au synthétiseur et, dans le cas de certains groupes, à des instruments tels que le violon, la flûte ou le piano. Cependant, la batterie et la guitare restent des instruments incontournables, comme dans tout autre style de métal.

Le chant, masculin ou féminin, est également l'un des éléments dominants. De plus, le métal sympho peut faire intervenir des ch½urs (du moins, pour les groupes qui peuvent se le permettre), le but étant de renforcer le caractère dramatique et épique des chansons. Les styles de chant peuvent être très variés, allant d'un chant lyrique de soprano jusqu'aux grunts death ou black. Certains groupes vont même jusqu'à associer les deux, reprenant ainsi la technique de chant dite "de la Belle et de la Bête" développée par les groupes de métal gothique comme Theatre of Tragedy (Epica, par exemple).

Les univers du métal symphonique

Un autre point qui me semble tout aussi important : les sources d'inspiration. Les groupes de métal symphonique s'inspirent souvent des thèmes historiques, mythologiques ou fantastiques. Leurs chansons évoquent également des références littéraires telles que les romans de Tolkien ou autres auteurs du médiéval-fantastique. Les influences de la culture dite "gothique" sont également évidentes, même si le métal symphonique est, en général, moins sombre que le métal goth.

Les chansons de métal symphonique sont une invitation au voyage, un voyage épique ou onirique, dans les contrées lointaines, ou bien dans les profondeurs de notre propre esprit. C'est à la fois l'imagination et la réalité, un voyage dans le passé et une réflexion sur le présent. C'est le chant des valkyries qui accompagnent le guerrier au combat, c'est le ch½ur des anges qui accompagne Perceval dans sa quête du Graal, mais c'est également le chant des sirènes dans la brume, aussi envoûtant que mortel.

Définition du métal symphonique

La culture de laquelle le métal symphonique s'inspire est donc d'une richesse inépuisable, ce qui explique également la diversité que l'on trouve dans ce style musical.

Différences avec les autres styles de métal

Il ne s'agit pas ici de se lancer dans un long débat sur les différences entre les styles de métal, mais de donner quelques repères.

Distinction avec le métal mélodique ou atmosphérique : musicalement parlant, ces styles sont très proches, mais les ambiances sont différentes. Le sympho est plus épique ou dramatique, alors que le mélodique et l'atmosphérique sont plus "calmes", plus lyriques. Cependant, ce n'est pas une règle absolue, loin de là. Toute sorte de mélanges sont possibles.

Distinction avec le métal gothique : les deux styles ont beaucoup en commun, la différence porte, encore une fois, sur l'ambiance. Le gothique est plus sombre ou plus tragique que le sympho.

Distinction avec le death, doom, black ou folk : les mélanges sont possibles, bien sûr, mais le métal sympho s'appuie beaucoup plus sur les mélodies, ainsi que sur un chant plus clair. Le métal sympho ne comporte pas forcément de chants grunt et l'ambiance est plus aérienne, moins lourde, oppressante ou agressive que dans les styles de métal plus durs.

Distinction avec le speed ou power metal : les éléments caractéristiques du speed ou power métal se retrouvent souvent dans les chansons de métal sympho, il est donc difficile de faire la distinction (exemple : Nightwish ou Rhapsody). Cependant, globalement, le métal sympho fait plus appel aux instruments traditionnels et au chant féminin, ce qui permet de dire que, si Nightwish fait clairement du métal sympho, Rhapsody est à cheval entre le sympho et le power.

Définition du métal symphonique

Conclusion

Le métal symphonique est donc un style très original, ayant une grande richesse musicale, et qui peut intégrer des éléments de pratiquement n'importe quel autre style (métal, rock, classique, folk et même jazz ou blues). Qu'elle adopte un rythme rapide (emprunté au speed ou power métal) ou bien plus lent (emprunté au heavy ou doom), que l'ambiance soit épique ou plutôt lyrique, cette musique est toujours caractérisée par une certaine tension dramatique.

Bref, le métal symphonique est à la fois la musique de l'action et de l'émotion, et nous offre un voyage dans les contrées dont les seules limites sont celles de notre imagination!

Pour en savoir plus : Les univers du metal symphonique
Aden A.

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#Posté le dimanche 24 octobre 2010 08:32

Modifié le mercredi 01 décembre 2010 06:20

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