Les vampires... Ces créatures terrifiantes qui hantent l'imaginaire populaire depuis des siècles ! Ce sont les écrivains du début du XIXe siècle, comme John Polidori, qui ont été les premiers à mettre en scène ces créatures de cauchemar dans leurs romans (par exemple, Le Vampyre, 1819), contribuant ainsi à créer l'archétype que nous connaissons aujourd'hui. Le roman de vampires le plus célèbre est sans doute Dracula de Bram Stoker (1897). Mais alors, les vampires sont-ils issus de l'imagination fertile des écrivains du XIXe siècle ? Ou bien, existe-t-il des preuves de leur existence réelle ?

À Venise, dans une tombe datant du XVIe siècle, les chercheurs ont récemment découvert un crâne présentant une caractéristique des plus inhabituelles : une pierre rectangulaire a été enfoncée dans la bouche du mort !

Pour un historien, ce détail est très significatif, car il indique que le corps auquel ce crâne appartenait a été soumis à un rituel destiné à détruire un vampire ! Même si le mot « vampire » n'est apparu qu'au XVIIIe siècle, les sources historiques indiquent que les gens croyaient en l'existence de créatures mort-vivantes qui se nourrissaient de la chair des vivants depuis le Moyen-âge.
À qui appartenait donc le crâne retrouvé dans la tombe vénitienne ? Une étude scientifique a été menée et, ô surprise ! Le crâne appartenait à une femme ! De plus, ce n'était pas une noble, mais plutôt une femme issue des couches sociales inférieures. Nous sommes loin du cliché de vampire établi par les auteurs de romans gothiques du XIXe siècle !
Tout s'explique lorsqu'on comprend que, au XVIe siècle, les gens associaient le vampirisme avec la sorcellerie. Pour quelle raison brulait-on les sorcières ? Pour les empêcher de se transformer en créatures mort-vivantes après leur trépas, justement. La croyance populaire était que les sorcières étaient capables de tricher avec la mort elle-même et revenir de l'au-delà sous forme de mort-vivants.
D'où venait donc cette croyance ? D'une méconnaissance du processus de décomposition naturelle des corps, principalement. Les gens prenaient certains signes de décomposition pour ce qu'ils n'étaient pas, à savoir, des évidences que le corps était encore animé d'une sorte d'énergie vitale, qu'il vivait encore, d'une certaine façon. Cependant, la science moderne peut aisément expliquer tous ces phénomènes.
La croyance en vampires et morts-vivants en général n'était donc que pure superstition ? Comment pouvons-nous en être certains ? Cette légende n'a pas été inventée par les écrivains du XIXe siècle, puisqu'elle existait des siècles avant eux. Ils n'ont fait que la transformer en lui donnant un caractère plus romantique et romanesque. D'ailleurs, certains personnages ayant inspiré les romans de vampires ont réellement existé. Il faudrait que je vous raconte ça dans un article séparé, mais Dracula était un personnage historique tout à fait réel.
En fait, c'est la terreur devant la mort qui a engendré la légende des vampires. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a quelque chose derrière cette légende. Non pas une vérité littérale, bien sûr, mais une réflexion sur la condition humaine. Une réflexion sur ce que nous sommes, sur ce que nous souhaitons devenir, et ce que nous pouvons devenir, sans, parfois, le vouloir. Toute légende contient une graine de vérité.
Pour moi, le vampire reste une créature qui appartient au royaume du romantisme sombre. C'est une figure profondément tragique, et elle continuera à inspirer nombre d'½uvres littéraires, musicales et cinématographiques, poursuivant, ainsi, son existence immortelle à travers les siècles.
Episode suivant : Le Dracula historique et le pacte avec le Diable...














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